Sonder l’industrie française du luxe
pour anticiper le monde d’après

Edito 

Alors que l’industrie française du luxe, contrairement à d’autres secteurs, a jusqu’à présent préservé son ancrage dans nos régions, notamment en Bourgogne Franche-Comté, avec les emplois et les savoir-faire associés, la crise du COVID-19 pourrait-elle remettre en cause cette success-story française du luxe ?

Si son expansion a été renforcée par la mondialisation, le luxe a résisté au mouvement de délocalisations qui a touché l’industrie française. En sera-t-il de même dans les années à venir, avec le ralentissement perceptible de la mondialisation ?

Comme le rappelait récemment Christophe Lecourtier, directeur général de Business France, le secteur du luxe contribue fortement à l’excédent de la balance commerciale française. Avec ses 27 milliards d’excédents versus 31 milliards d’excédents de l’aéronautique, le luxe est la preuve que la France peut être un champion de la mondialisation.

C’est ainsi que nos entreprises françaises du luxe ont conservé des unités de production sur tout le territoire. Et la crise du COVID-19 le démontre encore avec leur mobilisation dans la production de masques et de gels hydroalcooliques.

Si des maisons horlogères suisses ont, dès le mois de mars, envisagé le rapatriement de la production de composants essentiels de l’Asie vers l’Europe, la situation économique dans laquelle l’Europe et plus largement l’Occident sortira de cette crise, pourrait influencer les stratégies de développement dans les années à venir.

En effet la Chine et plus largement l’Asie qui représentent déjà 54%[1] de la consommation mondiale de biens de luxe avec des projections (avant le COVID-19) allant jusqu’à 74%, seraient les zones du monde qui se relèveraient le plus rapidement de la crise actuelle.

Les premiers sondages font apparaître un sentiment d’optimisme face à l’avenir beaucoup plus fort dans cette zone qu’en Occident. Et l’on connaît la relation essentielle entre confiance et consommation.

Si l’on ajoute l’incertitude sur la reprise du tourisme international dans les mois à venir, les acteurs du luxe pourraient-ils être tentés d’investir plus fortement en Asie qu’en Occident et a fortiori en Europe ?

Parallèlement la Chine, dont l’économie est très liée au marché mondial, aide ses entreprises à se ré-orienter vers le marché chinois. Une telle dynamique pourrait aussi accélérer l’émergence de marques chinoises de luxe.

L’expression « être au carrefour des choix » n’a jamais été aussi à propos qu’aujourd’hui. Si le luxe ne fait pas à proprement parler des industries de première nécessité, ce secteur, au-delà de sa contribution à la balance commerciale et aux emplois, contribue largement à l’image de la France dans ce qu’elle a de meilleur. Que deviendraient la marque « Made in France » et l’attractivité de notre tourisme sans les marques françaises de luxe et ses créateurs ?

Il est donc important de ne pas négliger ce secteur dans les mois à venir et de suivre avec attention les décisions que prendront les acteurs du luxe dans les semaines à venir.

C’est la raison pour laquelle nous lançons en partenariat avec PRS INVIVO, une filiale du groupe BVA, un sondage sur les perspectives du Luxe dans le monde post-COVID: https://emea.focusvision.com/survey/selfserve/1da7/2004127.

Votre opinion est précieuse et essentielle, pour nourrir cette réflexion. Nous vous remercions par avance de votre participation en utilisant le lien suivant et nous avons hâte de pouvoir partager les résultats et les enseignements avec vous.

Jacques Carles, président du Centre du luxe et de la création

[1] Source : Part des clients par nationalité dans la consommation mondiale, Asie (Chine, Japon, autres pays asiatiques), Bain & Company 2009

2021-06-08T14:59:56+02:00

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