
Interview de Camille Vever, Co- Reviver et CEO Maison VEVER
Qu’est-ce qui vous a conduit à créer le podcast « Les Voix de l’Audace » ?
L’origine, l’intention n’était pas de créer un podcast. J’organise depuis longtemps de nombreux événements au sein du showroom Vever (conférences, expositions, rencontres) et j’ai eu envie de créer un rendez-vous mensuel dédié à un thème qui m’est cher : l’audace, sous toutes ses formes.
C’est ainsi qu’est née l’idée des Voix de l’Audace : un moment d’échange, vivant et incarné, autour de parcours singuliers, organisé devant un public. Nous avons très vite souhaité filmer ces rencontres pour en garder une trace et prolonger l’expérience.
A partir du moment où ce contenu existait, l’idée de le diffuser sur les plateformes de podcast s’est imposée assez naturellement. L’originalité du format vient de là : un échange filmé, dans le showroom, en public, suivi d’un moment de convivialité autour d’un cocktail. Nous avons la chance d’être soutenus par des partenaires d’exception engagés comme le traiteur Maison Autret et la maison de champagne Cuvée Carat.
Le podcast est également ouvert au public extérieur : des places limitées sont réservées et accessibles sur inscription via le site Vever / Les Voix de l’Audace.
Parmi les personnalités que vous avez reçues, quelles sont les rencontres qui vous ont le plus marqué ?
Chaque échange est riche et marquant à sa manière, mais certaines rencontres résonnent particulièrement. Celle avec Vitalie Taittinger, par exemple, m’a profondément touchée. Elle raconte comment sa famille s’est battue pour récupérer la maison de champagne Taittinger après son rachat par un fonds. Cette histoire fait écho à mon propre parcours avec la maison de joaillerie Vever, lorsque j’ai moi-même dû me battre pour récupérer la propriété intellectuelle de la marque auprès d’un fonds luxembourgeois. Ce sont des récits de transmission, de détermination et de fidélité à une histoire.
L’épisode avec François-Henry Bennahmias est lui aussi marquant. Visionnaire et stratège, c’est une personnalité profondément audacieuse qui a su casser les codes de la haute horlogerie. Autodidacte, il possède des compétences extrêmement complémentaires : gestionnaire : avec une rationalisation du portefeuille, des circuits de distribution et une amélioration des marges, communicant hors pair grâce à un personal branding fort et des collaborations audacieuses (Marvel, Jay-Z, Travis Scott), mais aussi homme de vision produit, en renforçant et repositionnant des collections emblématiques comme la Royal Oak ou en lançant Code 11.59. Sous sa direction, le chiffre d’affaires d’Audemars Piguet est passé d’environ 670 millions de francs suisses en 2012 à plus de 2,3 milliards en 2023.
Une autre rencontre très forte a été celle avec la philosophe Julia de Funès. Sa liberté de pensée, sa philosophie pragmatique, sa capacité à questionner nos schémas et à nous aider à nous affranchir des carcans pour être pleinement soi-même sont extrêmement inspirantes.
Vos podcasts se concluent par un questionnaire sur l’audace. Alors, selon vous, qu’est-ce qui incarne aujourd’hui le comble de l’audace dans le luxe ?
Pour moi, le comble de l’audace dans le luxe, c’est de réussir à conjuguer les codes fondamentaux du secteur : l’excellence, la désirabilité, le savoir-faire, l’émotion, avec une véritable authenticité, des convictions fortes, un engagement sincère et une vision résolument contemporaine.
Le luxe peut être audacieux, innovant, moderne, sans se renier. Luxe et humour ne sont pas antinomiques. Luxe et impact ne sont pas antinomiques non plus. Au contraire, c’est peut-être là que se joue aujourd’hui sa plus grande audace : oser être profondément vrai, engagé et en phase avec son époque.

